Rechercher
  • marketingdusport

Interview : Hubert MUNYAZIKWIYE

Mis à jour : 17 déc. 2020


Pouvez-vous vous présenter ?


Bonjour, je suis Hubert MUNYAZIKWIYE, âgé de 34 ans au moment de la rédaction de ses réponses. Je suis passé par le Master Marketing et Gestion du Sport en 2007-2008, après avoir fait une licence en Management International à l’Université de Manchester, au Royaume-Uni.


Mes centres d’intérêt sont, somme toute, assez traditionnels puisque durant mon temps libre, je passe beaucoup de temps à écouter de la musique (soit l’une de mes nombreuses playlists sur Spotify ou aller chercher et dénicher de nouveaux artistes que je ne connaissais), surfer sur le web pour aller lire des articles sur des thématiques que j’apprécie. (sport, mais aussi l’économie mondiale, la high-tech, la santé, la politique, etc.)


Présentez votre parcours scolaire et professionnel.


J'ai effectué un Baccalauréat Option Internationale Anglais au Lycée International des Pontonniers, ce qui m’a permis d’acquérir un très bon niveau d’anglais. Souhaitant capitaliser sur ces dures années de labeur, j’ai décidé de quitter la France et effectuer mon Bachelor en Management International à l’Université de Manchester. Une expérience très formatrice puisque c’est à l’étudiant de se prendre en main et se donner les moyens de réussir, une approche qui m’a beaucoup plu.

Une fois ma licence en poche, je me mis à la recherche d’un Master en Marketing ou Économie du Sport et je découvris celui de l’université de Strasbourg, qui attira toute mon attention puisqu’originaire de la région.

Au mois de janvier 2008, je réussis à décrocher un stage chez Havas Sports & Entertainement comme chef de projet Conseil et je quittai alors une nouvelle fois l’Alsace pour m’installer en région parisienne et débuter ma vie professionnelle.


Où travaillez-vous actuellement et quelles sont vos missions ?


Malheureusement, à date, je n’ai pas d’emploi salarié puisque j’ai quitté mes fonctions chez Adidas, à Paris, en juillet 2019 pour suivre ma compagne qui a eu sa mutation pour enseigner en Alsace. Depuis, j’effectue quelques missions en freelance pour des structures de différentes tailles (pas forcément dans le milieu du sport), afin de leur apporter mon expertise et mon expérience en communication digitale.


Avez-vous des objectifs/buts professionnels ?


L’objectif à court terme est de retrouver un emploi dans le domaine de la communication et du digital, idéalement dans le monde du sport, que ce soit chez l’annonceur (marque/club/fédération) ou en agence de communication afin d’aider à résoudre les problématiques de communication.


Lorsque vous étiez étudiant, vous attendiez-vous à occuper le poste que vous avez aujourd'hui ?


Absolument pas à vrai dire, car si on m’avait dit durant le Master que je pourrai un jour travailler aux côtés des équipes de Nike France, devenir leur référent Social Média, collaborer aux lancements des maillots de l’équipe de France et du PSG ou encore être le responsable digital chez Coca-Cola durant l’EURO 2016 de foot qui se déroulait en France, je crois que j’aurai mis fin à la conversation très rapidement.


En réalité, je ne me suis jamais fixé d’objectifs très ambitieux pour éviter toute déception. J’ai toujours fait en sorte de travailler dur, d’être rigoureux, minutieux et de répondre aux attentes et demandes de mes supérieurs afin de pouvoir « débloquer » les opportunités qui m’ont permis d’évoluer dans mon métier. J’ai surtout eu la chance « d’être au bon endroit, au bon moment » comme j’ai l’habitude de dire, pour être mis au courant des opportunités d’emploi et pour me positionner et positionner ma candidature du mieux possible pour donner envie aux recruteurs de me rencontrer et d’en savoir plus sur moi. Après, j’ai eu la chance aussi de rencontrer et d’échanger avec des personnes très inspirantes tout au long de mon parcours jusqu’à maintenant (cf. être au bon endroit au bon moment), qui m’ont aidé à guider et ajuster ma trajectoire au fur et à mesure.


Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le Master Marketing du Sport ? Avec du recul, que vous a apporté cette formation et les personnes que vous y avez rencontré ?


Le Master Marketing du Sport est une très bonne formation à mes yeux, car complète (de par l’étendue des sujets couverts et la variété des intervenants au sein de la formation) et actuelle (à nouveau grâce aux intervenants extérieurs qui partagent leurs expériences sur les enjeux actuels du secteur), le tout dans une structure de type Université, qui n'a peu voire pas de barrière d’entrée pour un étudiant (vs. une école de commerce qui nécessite un investissement financier important). Cette formation m’a permis de valider mon choix de carrière dans le sport et m’a permis de découvrir toutes les problématiques du secteur et de « choisir » celle qui m’intéressait le plus et celle pour laquelle j’avais envie d’investir du temps et de l’énergie à l’avenir.


Quelle importance accordez-vous à l’ouverture internationale, notamment la maîtrise des langues vivantes dans la poursuite professionnelle ?


Au regard du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, il est indispensable si ce n’est vital de maîtriser une langue vivante si vous souhaitez faire carrière dans le monde du sport. En effet, quel que soit le secteur d’activité de votre futur employeur (agences/annonceur/fédération), vous allez être amené à un moment ou un autre à travailler et à échanger avec des interlocuteurs basés à l’étranger. Ainsi la maîtrise d’une langue étrangère au niveau professionnel est clé si vous souhaitez évoluer à un tel niveau.


Avez-vous un conseil à donner aux étudiants qui aimeraient à l’avenir exercer votre métier ?


Le conseil que je pourrai donner aux étudiants serait de rester ouvert et curieux, afin de vous intéresser à d’autres métiers du sport que le vôtre (l’événementiel, les relations presse, etc.) afin de mieux comprendre la globalité de l’écosystème et mieux saisir les enjeux de chacun.


Concernant les compétences à acquérir, la gestion du stress est extrêmement importante dans le milieu du sport, car c’est un secteur qui est lié très souvent à de l’événementiel où la capacité à délivrer un travail de très haute qualité sous des contraintes fortes est extrêmement importante. Si vous arrivez à gérer votre stress tout en étant capable de délivrer et rendre un travail de très haute qualité, alors vous ouvrirez les portes à de belles et nombreuses opportunités d’évolution.

Quant aux savoir-faire, une des compétences clés à acquérir, entretenir et développer reste à mes yeux la relation client ou du moins la relation partenaire, car vous aurez, je l’espère pour vous, de nombreuses personnes à « satisfaire » donc il vous faudra être en mesure de gérer au mieux cette relation pour ne pas vous ajouter une dose de stress additionnelle.


Quel est votre avis sur le marché du sport en France ?


En ce qui concerne le digital et la communication qui sont mes sujets de prédilection, la France a certes rattrapé un certain retard face à ses homologues Anglo-Saxons, mais il reste encore des sujets à explorer et à traiter par les acteurs nationaux afin de proposer une approche et un traitement « made in France » . En effet, sur la thématique des « sports moments » à savoir des prises de parole liées aux moments/rencontres de sport, les exemples et benchmarks sont toujours pris du côté des Etats-Unis et on retrouve très peu d’acteurs capables d’apporter une réponse utile pour le consommateur/le fan, et qui se démarque de l’existant. Idem sur les activations où on a du mal, selon moi, en France à proposer des activations, qui arrivent à réellement impacter le consommateur final. Peut-être que les nouvelles générations et les nouveaux entrants sur le marché du travail du sport en France seront capables d’apporter de nouveaux éléments de réponse ? Affaire à suivre…